Phare, lampe, caméra et appareil photo : bien s’équiper sous l’eau

La photographie et la vidéographie sous-marines offrent une perspective unique sur le monde aquatique, capturant la beauté et la diversité de la vie marine. Cependant, l'environnement sous-marin présente des défis uniques pour les photographes et vidéastes, nécessitant un équipement spécialisé pour obtenir des résultats optimaux. Des phares puissants aux caméras étanches en passant par les boîtiers sophistiqués pour reflex, le choix du bon matériel est essentiel pour réussir ses prises de vue sous l'eau. Explorons les technologies et techniques qui permettent de capturer la magie des profondeurs.

Technologie des phares sous-marins : lumens, température de couleur et angle de faisceau

Les phares sous-marins sont essentiels pour restituer les couleurs naturelles et illuminer les sujets en profondeur. La puissance lumineuse, mesurée en lumens, est un facteur clé à considérer. Les modèles actuels offrent généralement entre 1000 et 5000 lumens, voire plus pour les systèmes professionnels. Plus la profondeur augmente, plus une puissance élevée sera nécessaire pour compenser l'absorption de la lumière par l'eau.

La température de couleur, exprimée en kelvins (K), influence le rendu des couleurs. Les phares avec une température de 5000-6500K produisent une lumière blanche neutre, idéale pour restituer fidèlement les teintes sous-marines. Certains modèles proposent des températures variables, permettant d'ajuster le rendu en fonction des conditions.

L'angle de faisceau détermine la surface éclairée. Un faisceau large (80-120°) convient pour les prises de vue grand-angle, tandis qu'un faisceau étroit (10-60°) est préférable pour la macro ou les sujets éloignés. De nombreux phares offrent des angles ajustables pour s'adapter à différentes situations.

Le choix d'un phare sous-marin doit tenir compte de la profondeur de plongée habituelle, du type de photographie pratiquée et du budget disponible.

Lampes de plongée : modèles compacts vs torches puissantes

Les lampes de plongée se déclinent en deux catégories principales : les modèles compacts pour une utilisation polyvalente, et les torches puissantes dédiées à l'éclairage intensif. Chaque type présente ses avantages selon les besoins du plongeur-photographe.

Lampes à LED bigblue AL1200NP-II et kraken hydra 5000

Les lampes compactes comme la Bigblue AL1200NP-II offrent un bon compromis entre puissance et portabilité. Avec 1200 lumens et une autonomie de 1h30 à pleine puissance, elle convient parfaitement pour l'éclairage d'appoint ou la photographie macro. Son faisceau de 120° assure une couverture large, idéale pour les prises de vue rapprochées.

À l'opposé, la Kraken Hydra 5000 délivre une puissance impressionnante de 5000 lumens. Son faisceau réglable de 90° à 120° et sa température de couleur variable (4200K-6500K) en font un outil polyvalent pour la photo et la vidéo sous-marine. Sa batterie rechargeable offre jusqu'à 50 minutes d'autonomie à pleine puissance.

Torches mares EOS 32LRZ et light & motion sola dive 1200

La torche Mares EOS 32LRZ se distingue par son faisceau concentré de 32°, idéal pour l'exploration et la photographie à distance. Avec 3200 lumens, elle perce efficacement l'obscurité des profondeurs. Sa fonction zoom permet d'ajuster le faisceau selon les besoins.

La Light & Motion Sola Dive 1200 allie compacité et performance avec ses 1200 lumens. Son faisceau de 60° offre un bon équilibre entre couverture et portée. Sa particularité réside dans son mode rouge de 250 lumens, utile pour l'observation nocturne sans perturber la faune.

Systèmes d'éclairage modulaires pour vidéo sous-marine

Pour la vidéo sous-marine professionnelle, les systèmes modulaires offrent une flexibilité maximale. Ces ensembles combinent plusieurs sources lumineuses pour un éclairage homogène et puissant. Ils permettent d'ajuster indépendamment chaque lampe pour optimiser le rendu selon les conditions.

Les fabricants comme Keldan ou Nauticam proposent des solutions complètes intégrant phares, bras articulés et contrôleurs. Ces systèmes peuvent atteindre des puissances cumulées de 20 000 lumens ou plus, offrant un éclairage studio-like même dans les eaux profondes.

Caméras sous-marines : résolution, stabilisation et modes de prise de vue

Le choix d'une caméra sous-marine dépend largement du type d'utilisation prévue et du niveau d'expertise du plongeur. De l'action-cam compacte au caméscope 4K professionnel, chaque modèle présente des caractéristiques adaptées à des besoins spécifiques.

Action-cams GoPro HERO11 black et DJI osmo action 3

La GoPro HERO11 Black est devenue une référence pour la vidéo sous-marine amateur et semi-professionnelle. Sa résolution 5.3K à 60 images par seconde permet de capturer des images d'une netteté exceptionnelle. La stabilisation HyperSmooth 5.0 compense efficacement les mouvements inhérents à la plongée.

La DJI Osmo Action 3 se distingue par son écran tactile avant, facilitant les selfies et vlogs sous-marins. Sa stabilisation RockSteady 3.0 rivalise avec celle de la GoPro, assurant des vidéos fluides même dans des conditions agitées. Les deux modèles offrent des modes de prise de vue avancés comme le time-lapse ou le slow-motion, enrichissant les possibilités créatives sous l'eau.

Caméras compactes étanches olympus tough TG-6 et SeaLife micro 3.0

L'Olympus Tough TG-6 allie robustesse et qualité d'image dans un format compact. Étanche jusqu'à 15 mètres sans caisson, elle peut descendre à 45 mètres avec le boîtier optionnel. Son capteur de 12 MP et son zoom optique 4x offrent une polyvalence appréciable pour la photo sous-marine.

La SeaLife Micro 3.0 est conçue spécifiquement pour la plongée, avec une étanchéité native jusqu'à 60 mètres. Son grand capteur de 16 MP et ses modes sous-marins préréglés simplifient la prise de vue pour les débutants. La possibilité d'ajouter des flashs externes en fait un choix intéressant pour la photographie de récif.

Caméscopes 4K sony FDR-AX43 et panasonic HC-WXF1

Pour les vidéastes sous-marins exigeants, les caméscopes 4K offrent des capacités avancées. Le Sony FDR-AX43 se distingue par son capteur CMOS Exmor R de 1/2,5" et son objectif ZEISS Vario-Sonnar T* grand-angle. Sa stabilisation optique SteadyShot active intelligente compense efficacement les mouvements sous l'eau.

Le Panasonic HC-WXF1 impressionne avec son capteur MOS de 1/2,5" et son zoom optique 24x. Son mode slow & quick permet de créer des effets de ralenti ou d'accéléré directement en caméra. Ces deux modèles nécessitent un caisson étanche dédié pour la plongée, mais offrent une qualité d'image et des fonctionnalités supérieures aux action-cams.

Boîtiers étanches et accessoires pour appareils photo reflex et hybrides

Les photographes sous-marins professionnels privilégient souvent les reflex ou hybrides haut de gamme, protégés par des boîtiers étanches sophistiqués. Ces systèmes offrent une qualité d'image et une flexibilité inégalées, au prix d'un encombrement et d'un coût plus élevés.

Caissons nauticam pour canon EOS R5 et sony A7R IV

Nauticam est réputé pour ses caissons en aluminium usiné de haute précision. Le modèle NA-R5 pour Canon EOS R5 permet d'exploiter pleinement les capacités de cet hybride 45 MP, y compris la vidéo 8K. Son ergonomie soignée donne accès à toutes les commandes de l'appareil, même avec des gants épais.

Pour le Sony A7R IV, le caisson NA-A7RIV offre une protection jusqu'à 100 mètres de profondeur. Il intègre un système de changement d'objectif sous l'eau, particulièrement utile pour alterner entre grand-angle et macro sans remonter à la surface.

Systèmes de ports et dômes ikelite pour objectifs grand-angle et macro

Ikelite propose une gamme étendue de ports et dômes compatibles avec de nombreux boîtiers. Les dômes acryliques de 8" sont populaires pour les objectifs grand-angle, offrant un champ de vision optimal et minimisant les distorsions. Pour la macro, des ports plats en verre assurent une netteté maximale sur les sujets rapprochés.

Le système modulaire d'Ikelite permet de combiner différents éléments pour s'adapter à pratiquement tous les objectifs. Des bagues d'extension et des zooms gear complètent la gamme, offrant une flexibilité totale aux photographes sous-marins.

Bras articulés et platines de fixation Sea&Sea et inon

Les bras articulés sont essentiels pour positionner précisément les flashs sous-marins. Sea&Sea propose des bras en fibre de carbone ultra-légers mais robustes, idéaux pour les configurations lourdes. Leur système de serrage à levier permet des ajustements rapides même avec des gants.

Inon se distingue par ses platines en aluminium anodisé, offrant une base stable pour monter l'ensemble du système. Leurs designs ergonomiques intègrent souvent des poignées profilées et des points d'attache pour accessoires supplémentaires comme des phares d'appoint.

Un système complet de photographie sous-marine professionnelle peut facilement dépasser les 10 000 €, mais offre des possibilités créatives illimitées pour capturer la magie des océans.

Techniques de photographie sous-marine : exposition, composition et post-traitement

Maîtriser l'équipement ne suffit pas pour réaliser de belles images sous-marines. Des techniques spécifiques sont nécessaires pour relever les défis uniques de cet environnement.

Gestion de la balance des blancs et filtres correcteurs de couleur

L'eau absorbe progressivement les couleurs à mesure que la profondeur augmente, en commençant par le rouge. Pour compenser ce phénomène, plusieurs approches sont possibles :

  • Utiliser un filtre rouge pour les caméras compactes en eau peu profonde
  • Régler manuellement la balance des blancs sur les appareils plus avancés
  • Éclairer la scène avec des phares puissants pour restituer les couleurs naturelles
  • Combiner ces techniques selon les conditions de plongée

En post-traitement, des outils comme le Color Correction Filter de DxO PhotoLab permettent d'affiner le rendu des couleurs.

Réglages d'ouverture et de vitesse pour capturer la faune marine

Photographier des sujets en mouvement sous l'eau requiert des réglages spécifiques :

  • Privilégier des vitesses d'obturation élevées (1/125s ou plus) pour figer l'action
  • Utiliser de grandes ouvertures (f/2.8 - f/5.6) pour laisser entrer suffisamment de lumière
  • Augmenter l'ISO si nécessaire, les appareils modernes gèrent bien le bruit jusqu'à 1600 ISO
  • Opter pour le mode rafale pour augmenter les chances de saisir l'instant décisif

La composition sous-marine suit les mêmes principes qu'en surface (règle des tiers, lignes directrices), mais doit tenir compte de la visibilité limitée et des contraintes de mouvement du plongeur.

Logiciels d'édition spécialisés adobe lightroom et DxO PhotoLab

Le post-traitement joue un rôle crucial dans la photographie sous-marine. Adobe Lightroom offre des outils puissants pour ajuster l'exposition, la balance des blancs et la netteté. Ses fonctions de débruitage sont particulièrement utiles pour les images prises à haute sensibilité ISO.

DxO PhotoLab se distingue par ses corrections optiques automatiques et son outil ClearView , efficace pour réduire la brume sous-marine. Son module DxO DeepPRIME excelle dans la réduction du bruit tout en préservant les détails.

Ces logiciels permettent également de corriger les aberrations chromatiques, fréquentes avec les dômes grand-angle, et d'affiner le contraste pour faire ressortir les textures sous-marines.

Logiciel Points forts Idéal pour
Adobe Lightroom Gestion de bibliothèque, outils de retouche polyvalents Workflow complet, du tri à l'export
DxO PhotoLabCorrections optiques avancées, réduction du bruit DeepPRIMEPhotos prises dans des conditions difficiles (basse lumière, haute sensibilité)

La maîtrise de ces logiciels permet d'exploiter pleinement le potentiel des images sous-marines, transformant parfois des clichés moyens en véritables œuvres d'art aquatiques. Il est recommandé de photographier en RAW pour bénéficier d'une plus grande latitude de correction en post-traitement.

Le post-traitement est un art en soi dans la photographie sous-marine. Il permet de révéler la beauté cachée des profondeurs que l'œil nu ne peut souvent pas percevoir.

Techniques de photographie sous-marine : exposition, composition et post-traitement

La photographie sous-marine présente des défis uniques en termes d'exposition et de composition. L'eau absorbe rapidement la lumière et les couleurs, ce qui nécessite des techniques spécifiques pour obtenir des images nettes et bien exposées.

Gestion de la balance des blancs et filtres correcteurs de couleur

La gestion de la balance des blancs est cruciale en photographie sous-marine. L'eau agit comme un filtre naturel, absorbant progressivement les couleurs chaudes du spectre. Pour contrer cet effet :

  • Utilisez des filtres rouges ou oranges en eau peu profonde pour restaurer les teintes chaudes
  • Réglez manuellement la balance des blancs sur votre appareil, en l'ajustant à la profondeur
  • Photographiez un carton blanc ou une ardoise grise à chaque changement significatif de profondeur pour référence
  • En post-traitement, utilisez l'outil de balance des blancs pour affiner le rendu des couleurs

Les filtres correcteurs de couleur comme le Magic Filter peuvent être particulièrement efficaces entre 5 et 20 mètres de profondeur, permettant de capturer des couleurs vives sans éclairage artificiel.

Réglages d'ouverture et de vitesse pour capturer la faune marine

Photographier des sujets en mouvement sous l'eau requiert une approche spécifique :

  • Privilégiez des vitesses d'obturation rapides (1/125s ou plus) pour figer le mouvement des poissons
  • Utilisez de grandes ouvertures (f/2.8 - f/5.6) pour maximiser la lumière et créer une belle profondeur de champ
  • N'hésitez pas à augmenter l'ISO si nécessaire, les appareils modernes gèrent bien le bruit jusqu'à 1600 ISO
  • Optez pour le mode rafale pour multiplier vos chances de saisir l'instant parfait

Pour les sujets statiques comme les coraux, une vitesse plus lente et une ouverture plus fermée peuvent être préférables pour obtenir une netteté optimale sur toute la profondeur de champ.

Logiciels d'édition spécialisés adobe lightroom et DxO PhotoLab

Le post-traitement est une étape cruciale pour sublimer vos photos sous-marines. Adobe Lightroom offre une suite complète d'outils pour ajuster l'exposition, la balance des blancs, et la netteté. Ses fonctionnalités de débruitage sont particulièrement utiles pour les images prises à haute sensibilité ISO.

DxO PhotoLab se distingue par ses corrections optiques automatiques et son outil ClearView, efficace pour réduire la brume sous-marine. Son module DxO DeepPRIME excelle dans la réduction du bruit tout en préservant les détails fins, ce qui est crucial pour les photos prises dans les eaux sombres et profondes.

Ces logiciels permettent également de corriger les aberrations chromatiques, fréquentes avec les dômes grand-angle, et d'affiner le contraste pour faire ressortir les textures sous-marines. L'utilisation de masques locaux dans Lightroom ou de l'outil U Point dans DxO PhotoLab permet d'appliquer des corrections précises à des zones spécifiques de l'image, comme éclaircir un premier plan sombre sans surexposer l'arrière-plan.

Rappelez-vous que le post-traitement doit sublimer la réalité sous-marine, non la dénaturer. L'objectif est de révéler la beauté naturelle des océans, pas de créer des images artificielles.

En maîtrisant ces techniques d'exposition, de composition et de post-traitement, vous serez en mesure de capturer et de partager la magie du monde sous-marin dans toute sa splendeur. La pratique régulière et l'expérimentation sont clés pour développer votre style unique en photographie sous-marine.

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